ANTICORPS SELON GREGOIRE MULLER

Le monde de l'Art, comme chacun sait, va mal. Il ne s'agit pas tant d'une crise économique
(bien réelle pourtant) que d'une crise de confiance. L'avant-garde internationale, à force de
toujours présenter l'art comme un phénomène de mode, a fini par perdre toute crédibilité.
En même temps, cette avant-garde s'est imposée comme seul et unique "système de l'art",
en dehors de la vieille académie . C'est du moins ce qu'on avait tendance à croire, car on
commence à se rendre compte qu'il y a de l'activité, de l'art vivant, qui ne se situe pas
nécessairement où on s'y attendait.

Ainsi a-t-on récemment découvert l'Ecole de Londres, ces peintres très différents les uns des
autres qui gravitaient autour de Francis Bacon. Deux d'entre eux -Lucien Freud et Ronald Kitaj-
sont désormais reconnus comme"majeurs" bien que n'appartenant à aucun courant établi.
Voilà une "école" qui ne se situe pas par rapport aux débats avant-gardistes de New York
ou de Paris.
Voilà des artistes qui travaillent avec des pinceaux, de la couleur, de la toile, qui ne se
détournent pas de la tradition et qui, pire encore, se concentrent sur la représentation
du corps humain.

Anticorps, ces artistes qui se sont récemment constitués en groupe informel à La Chaux de Fonds,
ne doivent rien à l' école de Londres et il ne serait pas utile d'établir de comparaison, si ce n'est
pour dire qu'eux aussi, en dehors de toute mode, et sans être académiques non plus, se sont
mis à l'oeuvre sur la toile avec couleurs et pinceaux pour explorer la figure humaine en Peinture.

extrait du texte

 

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